Lu dans la presse après le triomphe de Sébastien Castella à Algeciras (quatre oreilles et... deux coups de cornes) : "...Avec Castella, comme avec Jose Tomas, on pourra toujours émettre des réserves techniques dans l'analyse froide des faenas, mais ce torero a un tel impact sur la foule et son engagement provoque une telle intensité en piste qu'il triomphe envers et contre tout."
Eternel et vain débat entre technique et émotion. Sébastien Castella privilégie l'émotion !
Au 30 juin, Ruben Pinar qui recevra l'alternative à Nîmes à la prochaine feria des Vendanges totalise 15 novilladas dont 6 en arènes de première catégorie : deux à Madrid (2 oreilles), une à Valence (2 oreilles), Bilbao (2 vueltas), Séville (1 oreille) et Saragosse (2 oreilles).
Ce ne sont certes que des chiffres, mais ils confirment une tendance : le futur matador de toros est un torero de première catégorie.
"...Les deux triomphes conséquents de Jose Tomas -sept oreilles en deux corridas, qu'il serait bien vain de lui contester- remettent en question le système actuel d'organisation des corridas..." analyse Marc Lavie dans l'éditorial du N°586 de Semana Grande avant de conclure : "...Une gifle au conformisme. Un peu de brutalité dans ce monde de douceurs."
Comme de nombreux observateurs taurins, Marc Lavie constate que le passage à Madrid de Jose Tomas a fait l'effet d'un tsunami qui n'a épargné personne, même pas le torero lui-même qui depuis, n'a rien dit sur ses intentions futures, c'est à dire 2009.
Et d'autres bouleversements peuvent apparaître dans les six mois à venir.
A Nîmes, le conformisme n'a jamais été à l'ordre du jour. Certains nous le reprochent d'ailleurs.
La prochaine feria des Vendanges dont les cartels seront dévoilés très bientôt devraient confirmer cette tendance.
Organiser, c'est oser. A mille lieux du conformisme !
Selon le Ministère de la Culture espagnol (information reprise par plusieurs sites taurins espagnols), le nombre de spectateurs aux arènes auraient sensiblement augmenté entre 2002 et 2007, dans toutes les provinces d'Espagne.
Ainsi, la province de Madrid aurait enregistré une augmentation de 228 000 spectateurs en 5 ans. La Comunauté de Valence affiche une hausse de 203 000. L'Andalousie suit avec 184 000 spectateurs supplémentaires. Même le Pays Basque et la Catalogne affichent des chiffres à la haussent. 68 000 de plus pour le premier, 5 000 pour le second.
Autres précisions, cette augmentation du nombre de spectateurs dans les arènes d'Espagne touchent toutes les couches d'age. Ainsi, la tranche 25-44 ans, ils étaient 1 075 000 en 2002. Ils sont 1 365 000 en 2007, soit 290 000 spectateurs supplémentaires, soit une augmentation de 27 %.
A Nîmes en 2007, la feria des Vendanges a franchi le cap des 50 000 spectateurs. La dernière feria de Pentecôte était tout près des 100 000. A la Pentecôte 2000, ils étaient moins de 60 000. Des chiffres assez significatifs.
Le site internet d'El Juli reprend l'information. Le torero madrilène soufflera les dix bougies de son alternative le vendredi 19 septembre prochain à Nîmes pendant la feria des Vendanges.
Ce sera le 9ème solo d'El Juli depuis son passage dans la catégorie matador de toros.
El Juli n'a plus toréé en solo depuis 5 ans (son dernier seul contre six remonte à octobre 2003 dans les arènes de Saragosse).
Et, les arènes de Nîmes n'ont plus présenté de solo depuis 6 ans. Le dernier à s'y être collé fut Antonio Ferrera en mai 2002.
Sous le titre "Erreur de casting", André Viard consacre son éditorial (www.terrestaurines.com) à Sébastien Castella qui "sans une désastreuse politique commerciale dont on ne sait s'il faut attribuer la responsabilité au torero ou à son entourage, Sébastien Castella serait sans aucun doute aujourd'hui, le seul torero de l'escalafon capable de rivaliser à long terme avec Jose Tomas..."
D'abord, quel beau compliment pour le torero de Béziers ! Après, tout ce discute. Le torero a fait des choix. Toutes les arènes françaises (à l'exception de Béziers sa ville natale et de Nîmes qui l'a affiché à trois reprises à la Pentecôte et le réaffichera aux Vendanges) l'ont écarté. Pour diverses raisons.
Aujourd'hui, comme le souligne André Viard, Sébastien Castella a une priorité : rattraper Miguel Angel Perera, l'étoile du moment. Ce duo (Castella-Perera), seul, peut marcher sur les pas de Jose Tomas. Tous deux abordent l'été avec une seule idée : Triompher ! Triompher partout !
Leur duel (dans la même arène ou à distance) s'annonce passionnant.
Samedi 28 juin, les deux faenas de Sébastien Castella ont été récompensées par quatre oreilles dans les arènes d'Algeciras où devait également toréér Jose Tomas qui n'a toujours pas retrouvé le chemin des arènes après ses deux rendez-vous madrilènes.
Quatre oreilles pour Sébastien Castella donc. Une telle moisson de trophées dans une arène d'Espagne ne lui était plus arrivée depuis le 25 août 2006 à Antequera. A Arles, Béziers, Nîmes, Bogota, Sébastien Castella avait fait le plein de trophées ces derniers mois. Mais pas en Espagne !
Après une saison 2007 chaotique, Sébastien Castella éprouvait quelques difficultés pour faire face au retour de Jose Tomas et à la prise de pouvoir de Miguel Angel Perera, le torero étoile du moment. De plus, certains organisateurs, en France notamment, le boutaient hors de leurs cartels pour différentes raisons. Mais, le bittérois est de la trempe des grands, ceux qui restent stoïques sous l'orage, ne lachent rien et attendent leur heure.
Depuis quelques semaines, on le sentait en confiance, le succés total semblait proche.
"Castella important" a titré la presse espagnole, après ses deux faenas d'Algeciras. Deux faenas mais aussi deux coups de corne qui ne l'empêcheront probablement pas de faire le paseo à Pampelune, premier rendez-vous estival du torero bittérois.
"Il ne faut jurer de rien" prévenait Alfred de Musset. Dans le monde des toros, toute prévision se révèle, vous le savez, délicate. Pourtant, certains signes ne trompent pas. Ainsi, les deux faenas de Miguel Angel Perera à la feria des Vendanges 2007. Deux faenas puissantes, rythmées, templées, qui annonçaient la marche triomphale du jeune torero de Badajoz.
Que s'est-il passé depuis ?
Des triomphes. Une succession de triomphes : Maracay, Castellon, Olivenza, Aguascalientes, Alicante, Leon, Soria (dimanche 29 juin), mais aussi Séville et Madrid. Madrid où Miguel Angel Perera a réussi l'impossible : mettre debout Las Ventas le lendemain du premier passage de Jose Tomas !
Miguel Angel Perera sera l'un des toreros les plus attendus de l'été. On le retrouvera à Nîmes, à la feria des Vendanges. Avec le statut de torero étoile !
Né le 5 août 1990 à Tobarra (province d'Albacete), Ruben Pinar a franchi l'Océan pour effectuer ses débuts en piquée le 15 janvier 2006 à Bogota. Le jour de ses 16 ans, 5 août 2006, il se présentait en Espagne à Guadalajara. Le 10 septembre 2006, il foulait pour la première fois le sable d'une arène française à Dax où il coupait deux oreilles avant de sortir en triomphe.
Depuis, ce jeune homme a triomphé à Pampelune, et décroché des trophées à Madrid, Séville et Valence.
En France, la petite cité béarnaise de Garlin est sa plus fidèle supportrice. Elle l'a déja programmé à trois reprises (15 avril et 27 juillet 2007 et 20 avril 2008) et elle l'a remis à l'affiche le 26 juillet prochain.
Fans de Ruben Pinar, les aficionados de Garlin envisagent de se rendre à Nîmes aux Vendanges. Pour assister à la cérémonie d'alternative de leur novillero préféré.
Il faut attendre encore quelques jours pour connaître le programme complet de la feria des Vendanges. Néanmoins, les aficionados qui surfent sur les divers sites taurins commencent à mettre en place les premiers éléments du puzzle.
Ainsi, El Juli fera le paseo seul, vendredi 19 septembre pour souffler à sa manière les dix bougies de son alternative. Déja une corrida-évènement.
Autre élèment connu : l'alternative de Ruben Pinar. Reste à savoir le jour et le parrain de cette cérémonie.
Réponse bientôt.
Hôtels, arènes, routes, cités en ferias, les toreros (ceux qui toréent souvent) commencent un long tour d'Espagne avec, au menu des étapes plus difficiles que d'autres. Triompher à Pampelune, Saint Sébastien, Malaga ou Bilbao donne davantage de crédit que des succés dans des arènes de 3ème catégorie (lidéal tout de même, est de couper partout).
Miguel Angel Perera entend bien profiter de cet été, pour convaincre le grand public. Pour l'ensemble des aficionados, Miguel Angel Perera joue désormais dans la cour des grands (des très grands). Son triomphe à Madrid (le lendemain du tsunami Tomàs), ses récentes Grandes Portes (Alicante, Léon....), sa soif de vaincre et de convaincre, ses forces physiques et morales (vendredi 20 juin, il coupe 3 oreilles à Alicante, reçoit un coup de corne, passe la nuit à l'hôpital où il a été opéré, zappe la course de La Muela, reprend l'épée moins de 48 heures après à Badajoz, enchaine dans la foulée Alicante et Léon où il sort par la Grande Porte) le propulsent au premier rang des toreros les plus attendus de l'été.
"Achetez du Perera" a écrit Zocato après son premier passage à Madrid. Depuis, sa côte n'a cessé de grimper.
Miguel Angel Perera, le torero de l'été ?
Julian Lopez "El Juli" a baissé la tête, courbé les épaules et laissé passer le tsunami José Tomàs qui, à deux reprises, a tout emporté à Madrid. Le calme est revenu. Le toreo continu. Tous les jours. Pourtant, c'est maintenant qu'il faut être là. Triompher encore. Triompher toujours. Mardi 24 juin, à Alicante, El Juli fut meilleur que jamais. Sa deuxième faena fut un modèle du genre. Tout était réuni en dix minutes : une technique sans faille, une volonté indestructible, le désir de séduire et de convaincre comme aux premiers jours, du temple comme s'il en pleuvait et du plaisir, des tonnes de plaisirs pour lui, pour le public et les téléspectateurs. Du grand, du très grand, du sublime El Juli !
Le 18 septembre 1998, El Juli devenait matador de toros dans les arènes de Nîmes.
Dix ans après, El Juli, offrira un superbe gateau d'anniversaire au public des arènes de Nîmes.
Dix ans de doctorat ça se fête.
Rendez-vous vendredi 19 septembre 2008 !
Mardi 24 juin, en clôture de la féria d'Alicante, El Juli a obtenu les deux oreilles de son deuxième toro (un exemplaire de Victoriano Del Rio) à l'issu d'une faena majestueuse. Probablement, la faena de la féria d'Alicante. L'été 2008 d'El Juli commence par un triomphe.
Cent jours séparent le début de l'été du 12 octobre ( jour du Pilar) fin officieuse de la temporada 2008. Cent jours qui doivent permettre à Miguel Angel Perera de s'installer solidement sur le trône. Le torero d'extremadure (il est né prés de Badajoz) triomphe corrida aprés corrida. Déjà, la saison dernière, il avait marqué la Feria des Vendanges (2 oreilles et la queue). Cette année, il vient de frapper un grand coup décrochant 2 oreilles et la clé de la Grande Porte à Madrid, le lendemain du passage du tsunami "Jose Tomas"! Une sacrée performance comme diraient les sportifs. Vendredi à Alicante, Miguel Angel Perera a montré une fois de plus l'étendue de son talent. Première faena parfaite (2 oreilles) et deuxième faena administrée à un manso de derrière les fagots (1 oreille). Miguel Angel Perera dont la tauromachie s'apparente à celle de Paco Ojeda (version 1983) avec plus de puissance, se trouve actuellement un lacet au dessus des autres(On mettra de côté Jose Tomas, incomparable et deux ou trois toreros à la personnalité particulière). Le torero du moment c'est lui. Il devrait être aussi le torero de l'été. Seul bémol, son nom n'est pas encore sur les lèvres du grand public, mais s'il continue à ce rythme, cela ne tardera plus.
RUBEN PINAR-pas encore 18 ans-actuellement en tête de l'escalafon dans la catégorie "novilleros" a décroché lundi 16 juin, les 3 oreilles et les clés de de la grande porte des arènes d'Alicante grâce à un excellentissime toro de FUENTE YMBRO récompensé d'une vuelta al ruedo.
RUBEN PINAR que la France taurine-surtout celle du Sud-Ouest a vu toréer quelquefois a débuté en novillada piquée de l'autre côte de l'océan, à Santa Fé de BOGOTA en colombie le 15 janvier 2006.
Il est resté six mois sur les terres du nouveau monde.
Cette saison, il a obtenu 2 oreilles à Madrid et une à Séville. Cet été, il sera à l'affiche de plusieurs arènes Françaises.
"...Des faenas, comme celles de PERERA en ce vendredi, on n'en voit et on n'en verra pas souvent..."
Cette affirmation est signée Marc LAVIE (hebdomadaire Semana Grande - 9 juin)
Le lendemain du désormais célèbre et historique triomphe de Jose TOMAS à Madrid, Miguel Angel PERERA a réussi lui aussi à mettre debout le public de Las VENTAS.
Sa deuxième faena fut un modèle du genre, une de celle dont on parle 20 ans après.
A Nîmes, on connait bien Miguel Angel PERERA. Il a notamment remporté la Cape d'Or et lors de la dernière feria des Vendanges, il a renservé l'aréne en décrochant les deux oreilles et la queue. Il a confirmé son triomphe à la récente feria de Pentecôte et on devrait le retrouver cet été, en vedette dans les grandes arénes.
"...Achetez du PERERA..." écrivait courant mai, ZOCATO, dans le quotidien du Sud-Ouest. Il a raison ZOCATO. PERERA c'est l'étoile qui monte.
" Comment expliquer aux aficionados que ce qui ne peut se faire à Bayonne peut se faire à la même date à Illumbe (San Sebastian) trente kilomètres plus loin, au risque de vidanger la première arène de son public au profit de la seconde?" conclut André Viard dans un éditorial paru sur le site Terres Taurines (10/06/08).
Traduction: Jose Tomas, Morante de la Puebla et Sebastien Castella sont à l'affiche de la Feria de San Sebastian dont les arènes sont dirigées par l'empressa Chopera qui en est également propriétaire. Par contre, aucun de ces 3 toreros n'est programmé dans les arènes de Bayonne et de Mont de Marsan où l'empressa Chopera intervient en qualité de prestataire de services. Ce constat démontre que le mode de gestion en régie directe n'est plus adapté à la nature du spectacle taurin. A cause de sa lourdeur administrative, d'abord. En effet, le budget du prestataire de services est fixé en tout début d'année et parfois à la fin de l'année précédente. Dans ces conditions, comment programmer Jose Tomas ou un cartel exceptionnel justifiant un coût de production exceptionnel? La lourdeur de la régie municipale bloque toutes les initiatives. Des villes comme Madrid, Valence, Sarragosse, Nîmes, d'autres l'ont bien compris. Elles ont abandonné la production en régie. La délégation de services public (DSP), mode de gestion choisi par les villes de Nîmes, Madrid, Valence etc..., permet davantage de souplesse et n'interdit pas pour autant la maîtrise de la politique taurine de chaque cité grâce à un cahier des charges qui fixe le cap. A San Sebastian, l'empressa Chopera prend le risque artistique et financier de programmer ces trois toreros étoiles. A Bayonne et à Mont de Marsan, elle est dans l'impossibilité de le faire car elle agit dans le cadre contraignant d'une régie municipale. Pire, les arènes de Bayonne et de Mont de Marsan, on le sait, sont déficitaires, tandis que les villes de Nîmes, Valence etc... percoivent l'argent de la redevance. La délégation de Services public permet de satisfaire le spectateur (Grâce à sa programmation souple) et protège l'argent du contribuable (ce qui prive les anti- corridas d'un argument majeur). Ce n'est pas le cas de la régie municipale.
Le passage de Jose Tomas à Madrid a tout éclipsé. Mais, le lendemain, "deux jeunes coqs" selon Zocato (quotidien Sud Ouest) ont "... su faire admettre à la plaza que l'on peut passer d'un musée à l'autre, sans oublier le précédent bien sûr..." ( Zocato dans Sud Ouest). Miguel Angel Perera est le premier de ces coqs là. Lui aussi a fait chavirer Madrid. "... L'élégance faite muleta, Perera rayonne dans la perfection des changements de main et des pechos redoublés. Quatre bernardinas enchaînées, un truc génial, improvisé et donc irracontable précède un superbe coup d'épée et , bien sûr, la Grande Porte. Quel torero grandiose..."(Zocato toujours dans Sud Ouest). Alejandro Talavante (une oreille) est l'autre jeune coq.
Conclusion de Zocato: " il existe deux sherpas (Miguel Angel Perera et Alejandro Talavante) sur les traces du plus grand torero de tous les temps ( Jose Tomas). Eux aussi cheminent vers les cimes immaculées de l'Anapurna du toreo."
Le plus grand torero de tous les temps et les deux sherpas seront- ils à l'affiche de la prochaine Feria des Vendanges? Bientôt, les réponses.

Depuis plusieurs semaines, Gérard DEPARDIEU réside à Nîmes où il tourne un film de Claude CHABROL.
Interrogé par Roland MASSABUAU (Midi-Libre 8 juin 08), le comédien a évoqué la tauromachie et n'a pas maché ses mots :"... je n'ai pas encore vu de corridas, mais ça me plait à travers ce que j'ai pu en voir lors des retransmissions. Et, lorsque j'ai tourné Christophe COLOMB, je suis allé en Espagne dans l'élevage de Fraile. C'est formidable.
Voir ces toros qui grandissent dans les pâturages est d'une extraordinaire beauté. La corrida est un rituel sublime. Il ne faut pas entendre les arguments de ceux qui s'élèvent contre cette tauromachie, d'ailleurs, les anti-corridas sont beaucoup plus violents que tous les matadors qui tuent les toros..." Vuelta!
L'art est bien connu : Avant c'était mieux ! Ceux qui flirtent la soixantaine aujourd'hui vous parlent d'un temps où les toros étaient forts et solides sur leurs pattes. Oui, mais voilà, en ce temps là, déjà on regrettait le temps où les toros et forts et solides. Vous en doutez ?
Voici ci-après un extrait de l'éditorial de la revue "Toros" parue en 28 mai 1961.
En ce temps là déjà, on était au bord de la catastrophe : "......Madrilènes et nîmois se sont rejoints. Les uns et les autres ont respecté la consigne : suivez le boeuf ! Plus que le boeuf, le toro faible de pattes a régné dans la Madrid française.
Nous assistons depuis plusieurs années à une dégénérescence catastrophique du toro de combat. C'est la suite logique de ce toreo manoletiste, fait d'immobilité statuaire, de langueur, de morbidité avec tous les excès qui en sont nés : la charlottade en habit de lumières..."
Sans commentaires !
Les souvenirs de Mai 1968 s'étalent dans la presse.
Que faisiez-vous en ces temps là demandent les journalistes à quelques figures nationales ou locales.
Et que faisait-on à Nîmes un an plus tôt ? Certains lecteurs voulaient supprimer la feria !
La preuve avec ces deux extraits du courriers des lecteurs du quotidien Midi-Libre (édition du mardi 23 mai 1967).
"...Il y aurait interêt à accorder plus d'attention à ce qui nous est propre,notre folklore et surtout notre camargue si belle par exemple.
Nous sommes saturés d'hispanisme, au propre et au figuré..."
Deuxième extrait :"... Pourquoi une feria??? Nous nîmois, nous ne sommes pas encore, que je sache, une colonie espagnole... Mr le Maire, rayez à tout jamais de notre mémoire cette imbuvable féria..."
Sans commentaires également!
Le 22 septembre 1984, Paco Ojeda s'enferma seul avec six toros dans les arènes de Nîmes. Six toros de la même ganaderia: Jandilla. Fait relativement rare. Généralement, quand un torero décide de se mesurer en solitaire face à six toros, il le fait avec six produits de six élevages différents. Les exemples abondent. Ainsi, El Juli , lors de ses huit corridas solitaires précédentes s'est retrouvé, le plus souvent, face à diverses ganaderias.
le 19 septembre prochain, Il Juli a fait un autre choix. A la manière de Paco Ojeda en 1984, il croisera sur sa route six toros d'un même élevage : Daniel Ruiz face auquel il a coupé 5 oreilles en trois corridas(Olivenza, Albacete et Saint Sebastien) la saison dernière.
Un choix sentimental aussi. Dix ans plus tôt, il prenait l'alternative à Nîmes avec ... des Daniel Ruiz.
Quelques aficionados séparent la tauromachie en deux. D' un côté les arènes qui présentent une corrida "toriste" avec des toros difficiles et des toreros" belluaires". De l' autre côté, les autres arènes qui "oublieraient" l' essence, la vérité. Un peu court comme analyse, car la corrida refuse le manichéisme. Comme un arc en ciel, elle étale et mêle toutes les couleurs. Nouvelle preuve, mardi 27 mai à Madrid où 6 toros de Fuente Ymbro, d' origine Jandilla, donc Juan Pedro Domecq, ont déjoué toute tentative de faena. En face, tois toreros ( Miguel Abellan, El Juli, Miguel Angel Perera) qui maîtrisent totalement la technique. Pendant deux heures, chacun des trois a tout tenté et pris tous les risques pour canaliser la charge et construire leur faena. Mission impossible. Les Fuente Ymbro donnaient des coups de tête, refusaient de la baisser, s' arrêtaient dans la passe. Résultat, aucune faena complète et deux heures de combat. Ce ne fut pas inintéressant mais la tauromachie du 21ème siècle ne se limite pas à ce type d' affrontement. La presse du lendemain ne cache pas sa déception. Comme le public des arènes, elle avait rêvé de faenas longues, belles et templées. Mais les Fuente Ymbro y mirent leur véto.
Les toros d 'origine Juan Pedro Domecq, contrairement à une idée fausse, largement répandue dans certains milieux aficionados, ne sont pas tous des artistes. Eux- aussi peuvent donner une couleur " toriste" à une corrida.
Morante de La Puebla milite-t-il au sein du mouvement "Panique" créé en 1962 par Fernando Arrabal, Roland Topor et Alexandre Jodorowsky? Mouvement qui adore le dieu Pan et qui revendique un style de vie où la dérision trône en bonne place. Vendredi 23 mai, Fernando Arrabal, 75 ans, célèbre dramaturge espagnol qui vit en France depuis plus d' un demi- siècle, dont l' oeuvre ( immense) est connue et reconnue sur toute la planète, assistait depuis le callejon de Las Ventas, aux côtés de Diego Bardon ( autre membre du mouvement "Panique") à la corrida où alternaient Morante de la Puebla, El Juli et Jose Maria Manzanares. Et ,quand Morante de la Puebla se mit à dessiner une faena comme lui seul sait le faire, les caméras de la télévision montrèrent l 'auteur de "Viva la Muerte" gesticuler et encourager le citoyen de la Puebla del Rio. Quand le mouchoir blanc dégringola du palco, Fernando Arrabal semblait encore plus heureux que Morante de la Puebla. Peut- être verra-t-on un jour une faena de Morante de la Puebla accompagnée par la musique de "Viva la Muerte", une des oeuvres majeures de Fernando Arrabal?
Il n' est pas encore interdit de rêver!
Une Porte des Consuls, huit oreilles et une queue pour Sébastien Castella, le torero le plus récompensé de la Feria de Pentecôte. Trois oreilles et Porte des Consuls pour le rejoneador Diego Ventura. Trois oreilles pour Miguel Angel Perera. Ont quitté Nîmes avec deux trophées: El Juli, Javier Conde, Matias Tejela, El Fundi et le rejoneador Alvaro Montes. Alejandro Talavante, Enrique Ponce, El Cid, Juan Jose Padilla, les novilleros Camille Juan, Alejandro Espla et les rejoneadores Leonardo Hernandez et Pablo Hermoso de Mendoza ont obtenu une oreille. Alejandro Espla a remporté la Cape d' Or mise en compétition par la Peña Antonio Ordoñez.
En attendant la finale du Trophee des As programmée dans les arènes de Nîmes le 12 octobre prochain, le duo Sabri Allouani et le taureau Camarina ( manade Chauvet) et les autres ont assuré un super spectacle dimanche dernier."... époustouflant, énorme écrit Domynique Azema (midi- libre du 19/05)... de l' émotion, du spectacle, le public a réservé une superbe standing- ovation à Camarina lors de son retour au toril...".
Camaron ( la Provence du 19/05) a lui aussi la plume élogieuse: "... Tous debout à applaudir Camarina... Mon Dieu que c'est beau! Domination extrême du double Biou d' Or et grand duo- duel avec le raseteur Sabri Allouani...".
Prochaine course camarguaise dans les arènes de Nîmes: Dimanche 7 septembre.
95 980 Spectateurs ( payants) ont assisté aux dix corridas et novillada de la Pentecôte 2008? C' est un record. En comparaison avec la Pentecôte 2007, le nombre de spectateurs est en hausse de 9318 soit une augmentation de 10.75%.Trois corridas ( jeudi, dimanche et lundi après- midi) ont affiché le "No hay billetes". Celle du lundi totalisait 13101 spectateurs ( payants). Celle du dimanche avait attiré 13050 spectateurs et celle du jeudi 12958. Comment expliquer cette petite différence alors que les trois corridas se sont déroulées "No hay billetes"? C' est simple. Cette légère variation ( entre celle du jeudi et celle de lundi, on note une différence de 143 spectateurs) est la conséquence du nombre d' invitations. A noter que la corrida du samedi matin, avec 12 444 spectateurs, est passée tout prés du "No hay billetes". Trois ( et presque quatre) corridas à guichets fermés en une Feria, c 'est du jamais vu dans les arènes de Nîmes!
Pour les amateurs de statistiques, voici le bilan de la Feria de Pentecôte 2008.
- 8 corridas, 1 corrida de rejon et une novillada.
- 33 oreilles et une queue ont récompensé 17 toreros.
- 2 toreros ( Sébastien Castella et Diego Ventura) sont sortis par la Porte des Consuls.
- 3 toros de vuelta al ruedo ( Garcigrande, El Pilar et Juan Pedro Domecq).
- 1 novillo de vuelta al ruedo ( Fuente Ymbro).
- 3 corridas de "No hay billetes" ( jeudi après- midi, dimanche après- midi et lundi après- midi).
Les hebdomadaires taurins espagnols accordent une large place à la feria de pentecôte. "Le grand rendez-vous de nîmes" titre en couverture "6 toros 6". A l'interieur cinq pages signées Antonio AREVALO.
Leur confrère "Aplausos" titre: "Castella dynamite la Feria". Suivent huit pages avec interview et commentaires. En France, Nîmes et sa Feria de Pentecôte se retouvent dans les colonnes du quotidien "Libération" avec Sébastien Castella en titre. Idem dans Semana Grande où Marc Lavie revient sur les "deux Ferias" ( celle du matin et celle de l' après- midi) et sur la "Feria" Sébastien Castella, comparé à un soleil!
Des extraits bientôt dans notre revue de presse.
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Lu dans Sud- Ouest (10 mai) : "... Conde est ailleurs: tapis volant, nuage de Saint Pierre, grotte de Lourdes, nirvana, crécelle de moine, encens, safran, pétales de rose, aurore boréale, crépuscule sur le Kilimanjaro, nuit à Louxor et pique- nique sur les sept merveilles du monde. Viva Conde et ses deux grands- mères. Et puis aussi longue vie à Julian Lopez El Juli, magicien dans l' art de reboulonner et de remettre à flot avec une simple clé à molette l' armada du Pearl Harbourg..."
Vincent Bourg "Zocato"
"Délire, extase et testostérone dans l' amphithêatre" titre le quotidien espagnol El Mundo ( édition du 9 mai). Sous une superbe photo de Sébastien Castella, porté en tiomphe dans les arènes de Nîmes bondées, Ruben Amon revient sur le succés populaire de la Feria"... Les TGV voyagent complet depuis la capitale française jusqu' à la Feria de Pentecôte et amènent un public hétérogène, intellectuel et branché...".
La corrida sera culturelle ou ne sera pas, affirmait- on au début des années 80. Elle le fut à la Pentecôte 2008.
Record d'entrées dans les arènes. Trois "no hay billetes". Record de fréquentation sur notre site internet.
Tous les détails secteur par secteur, à partir de mardi.
Dans le numéro 577 de l'hebdomadaire "Semana Grande" (21 avril), Marc Lavie commente la décision de la municipalité de Mont de Marsan qui mettra ses arènes en régie la saison prochaine.
"La nouvelle équipe, écrit Marc Lavie, décide d'un passage en régie et parle d'un équilibre financier fêtes-feria. Sur ce point, le communiqué est ambigu. Qu'est ce qui coûte de l'argent à la ville, les fêtes ou les corridas ? Ce qui se disait jusqu'à présent, c'est qu'avec le bénéfice des corridas, les montois finançaient une partie des fêtes. Si cela n'est pas vrai, et si les corridas sont déficitaires à Mont de Marsan, ce n'est pas un passage en régie qui va faire faire des économies au contribuable. Les responsables montois semblent oublier qu'il existe un autre système de gestion, qui lui, ne coûte pas un sou à la ville et qui peut même en rapporter : c'est la délégation de service public, telle qu'elle se pratique dans de nombreuses arènes..."
Rien à ajouter. Tout est dit.
Le prix d'entrée dans un stade ou dans un circuit est - dit-on - populaire. Ainsi, si vous désirez assister à la rencontre Paris Saint Germain - Saint Etienne au Parc des Princes le 10 mai prochain, vous devez débourser entre 33 et 95 euros. Si vous voulez suivre sur le circuit du Mans (18 mai), le Grand Prix de France de moto, vous devez acheter un billet dont le prix varie entre 54 et 110 euros.
A contrario, le prix d'entrée dans une arène est très élevé , dit-on. Faux ! Si vous désirer enter dans les arènes de Nîmes pour voir à l'oeuvre Pablo Hermoso de Mendoza, El Juli et Miguel Angel Perera, trois supers étoiles, vous pouvez le faire avec 20,50 euros (18 euros si vous achetez votre billet le jour de la corrida aux guichets qui se trouvent autour des arènes).
Et, à ce prix (20,50 euros), vous trouverez 5 000 places, soit 37 % de la capacité de l'arène ! Peut-on être plus popualire ?
L'interview est signée Jose Luis Ramon. C'était un matin à la feria de Séville à la terrasse d'un café face à la cathédrale. Sur deux pages, dont la première s'ouvre sur une superbe photo des arènes de Nîmes signée Alain Damie, Simon Casas répète son credo : "...On n'annonce pas six toros avec trois toreros... chaque feria raconte une histoire, et chaque corrida doit être en harmonie avec cette histoire... Je fonctionne davantage au feeling qu'avec la calculette... Je suis un producteur artistique qui fonctionne avec ma sensibilité et avec ma connaissance intuitive du marché..."
Deuxième temps fort de l'entretien : la situation économique de la fiesta "...un marché artistique qui a les moyens de payer cher ses vedettes, comme le font le football, le tennis ou l'opéra, est un marché sain... Certes, la fiesta à un problème économique, ce n'est pas la faute des toreros, mais de notre profession d'impresarios qui n'est pas capable de défendre ses bases économiques. Deux exemples concrets : La TVA à 19,60 % qui agit contre la qualité du spectacle et les conditions d'attribution des marchés taurins qui sont inadaptées..."
Les reste, notamment les premiers élèments de la feria d'Alicante, sont à découvrir dans 6 Toros 6 (N°719, 6 avril 2008).
Lundi 7 avril, face à l'impressionnante file d'attente qui se pressait devant les guichets des arènes, certains commentateurs locaux ont comparé cette foule à celle qui voulait voir Paco Ojeda et les autres au milieu des années 80. Un quart de siècle plus tard, bien des choses ont changé au royaume des toros, mais surtout au royaume de la technique.
Désormais, les demandes de billets affluent de trois sources différentes.
- De la file d'attente devant les guichets, c'est la partie la plus visible de l'iceberg, celle qui fait le Une des journaux, et les délices des photographes et des caméramans.
- Deuxième source. Les ventes à distance par téléphone. Moins spectaculaire que la première mais terriblement utilisé par les demandeurs de billets. Un seul chiffre pour vous donner une idée de l'importance de cette source : selon l'opérateur téléphonique, les arènes de Nîmes ont déclenché lundi 7 avril, 25 731 impacts ! Traductions : les arènes de Nîmes ont reçu en un jour 25 731 appels. Quelques uns sont passés et la plupart, hélas, ont buté sur des lignes encombrées.
- Troisème source, internet. Prés de 5 000 connexions lundi !
Après une campagne d'abonnement qui a marché très fort, tout le personnel du bureau était prévenu et préparé à cet afflux de demandes. Ce fut encore plus fort que prévu. Nettement plus fort que "l'historique" journée du jeudi 16 août 2007 (ouverture des locations des Vendanges).
Grâce aux techniques nouvelles, vous venez de plus en plus nombreux et de plus en plus loin aux arènes de Nîmes. Les locations continuent aujourd'hui et les jours suivants et si elles confirment les premières tendances, les aficionados d'ici et d'ailleurs ne manqueront pas le rendez-vous de la Pentecôte.
Au premier trimestre de l'année 2008, notre site internet a battu des records de visites. Depuis le début de l'année, près de 60 000 visiteurs sont venus à la pêche aux infos sur www.arenesdenimes.com, soit une augmentation de 84 % par rapport au premier trimestre 2007.
Et, jour après jour, la progression se poursuit.
Merci à toutes et à tous.
André Viard commente ce vendredi (www.terrestaurines.com) l'absence de Jose Tomas à Madrid cette saison, dans un éditorial intitulé "Marchés de Dupes". L'occasion pour lui de comparer la politique de certaines empresas espagnoles avec celle de Simon Casas. Extraits : "...A mille kilomètres de Madrid, Simon Casas apporte pourtant la preuve que la barrière économique n'en est pas une pour peu que l'on soit prêt à la dépasser. Il suffit de lire les cartels de Nîmes pour vérifier que ceux-ci n'ont pas été construis à l'économie, et lorsque l'on sait qu'après le triomphe de Marco Leal à Arles, Simon Casas a rajouté deux novillos de Fuente Ymbro pour lui alors que le cartel de la novillada était déja bouclé, on comprend aussi qu'une certaine dose de générosité est parfois nécessaire pour éviter de s'enfermer dans des positions trop tranchées..."
Comparant Nîmes avec d'autres arènes françaises, André Viard conclut ainsi "...chacun comprendra que pour s'émanciper de la tutelle ancestrale que certaines arènes françaises acceptent de la part du mundillo espagnol, il faudra bien du temps. Ce qui est dommage dans la mesure où les professionnels français ont depuis longtemps apporté la preuve de leur grande compétitivité."
Ce ne sont pas les arènes de Nîmes qui diront le contraire.
La nouvelle est tombée jeudi 20 mars en fin de journée. Jean-Pierre Junca-Lamarque président de la comission taurine de Dax passe l'éponge, ou plutôt passera l'éponge en fin de saison. Un retrait lié aux résultats des municipales marquées par la défaite du maire sortant.
A quelques kilomètres de là, à Mont de Marsan, les municipales ont également bouleversé l'ordre taurin établi. Philippe Labeyrie, maire depuis 1983 a été battu, à la surprise générale, par Geneviève Darrieussecq, qui a déclaré (voir Semana Grande du 25 février 2008 : "...Je suis favorable à une gestion municipale en régie directe, seule garantie de transparence financière, permettant en outre de procéder à un véritable appel d'offres..."
Lancer un appel d'offres, c'est bien. Vouloir mettre en place une régie municipale, par contre, n'est pas sans risque. D'ailleurs, les principales arènes d'Espagne (Madrid, Saragosse, Valence) ont abandonné ce mode de gestion. Les arènes du sud-est (Arles, Béziers et Nîmes) aussi. La plupart ont choisi la délégation de service public. Et, tout le monde s'en porte mieux.
- Avec la délégation de service public, la municipalité ne perd aucune de ses prérogatives. Elle garde un oeil sur la programmation et elle reçoit une redevance calculée sur le chiffre d'affaires des arènes. En aucun cas, elle ne sort un euro de ses caisses. Au contraire, elle en reçoit.
- L'organisateur est placé devant ses responsabilités artistiques et financières. En cas d'échec (artistique ou financier) on connait le responsable. En régie municipale, chacun se renvoie les responsabilités de l'échec.
Et, si échec financier il y a, c'est la municipalité (donc les contribuables) qui met la main à la poche.
La tauromachie n'est pas un service public. Les antis-corridas le répètent souvent. Dans ce cas précis, ils ont raison !

"...Mais c'est le livre de Simon Casas qui crée l'événement. Parce qu'on le connaissait comme ancien torero, comme directeur d'arènes, comme aventurier de la politique, mais qu'on le découvre de plus en plus écrivain. Rien de tel pour changer le regard porté sur les toreros. Des tueurs ? Non, des âmes limpides. L'un d'eux, devant le taureau, se penche soudain pour ramasser une feuille de platane. "Pourquoi te gênait-elle ?" demande l'auteur. "Parce qu'elle était morte". Vapeur rouge et sableuse, moments suspendus et foudre de l'estocade, superbe humaine et rage animale (ou le contraire), il y a de tout cela dans les fragments autobiographiques de Simon Domb "Psdeudo Casas". Et surtout la preuve, s'il en fallait encore de l'immense respect, de l'immense amour que portent ces hommes aux taureaux..."
Christophe Ono-Dit-Biot/ Prix Interallié 2007
Le Point (13 mars 2008).
L' hebdomadaire "Semana Grande", profitant de la "trêve" hivernale, revient régulièrement en textes et en images sur une temporada passée. L'année 1954 est à la Une du dernier numéro. Cette année là, Pablo Picasso mangeait de la brandade à l'hôtel du Cheval Blanc et Manuel Jimenez dit "Chicuelo II" devenait la coqueluche du public de Nîmes. Sa Peña verra illico le jour. Cinquante trois années après, l'orchestre officiel des arènes de Nîmes porte son nom.En 1954, la France a présenté 38 corridas dont 10 dans des arènes d'Afrique du Nord (7 à Oran et 3 à Casablanca). Cette année là, Pedro Romero, père de Marc Antoine, David, Christian etc... brindait un novillo dans les arènes de Chateaurenard à Gérard Philippe, venu en voisin depuis Avignon où le festival donnait ses premières représentations. L'interprète le plus célèbre du Cid, comme Serge Lifar, Maurice Béjart et bien d'autres, allait aussi aux arènes.
2008 sera l'année Claude Viallat ! annonce le mensuel "Vivre à Nîmes".
Première production : l'affiche des ferias 2008, présentée en janvier "C'est un projet très simple, précise Claude Viallat, dans lequel les deux éléments majeurs de la corrida, le toro et l'homme sont mis à l'honneur, le toro est une référence au toro des publicités Osborne, de grandes silhouettes noires découpées, que l'on voit partout en Espagne sur le bord des routes, le matador est plus une évocation qu'une vraie passe..."
En plus, Claude Viallat investira toute la ville pendant la feria de Pentecôte.
- Au musée des Cultures taurines où il présentera sa collection de milliers d'objets.
- A l'école des Beaux-Arts, il exposera une sélection d'oeuvres tauromachiques récentes.
- Face au Carré d'Art,il peindra la bache monumentale qui recouvre actuellement la Maison Carrée.
Enfin, il installera dans les arènes ses oeuvres dans les déambulatoires, vomitoires et colonnades.
A Nîmes, printemps et feria 2008 portent la griffe Claude Viallat.
L'hebdomadaire "Semana Grande" (édition du 11 février) publie une revue de presse mexicaine après le triomphe de Sébastien Castella aux arènes de Mexico (lundi 4 février).
Une presse mexicaine qui couvre de fleurs et d'éloges le torero français, extraits : "...Faenas d'anthologie, magique, frolant la perfection..." (La Crónica de Hoy). "Castella a été prestigieux..." (Esto). "Personnalité dévastatrice... fleuve de grâce du jeune chevelu qui jouait de la ceinture et vivait sous le miracle du toreo..." (La Jornada).
Mêmes éloges chez José Antonio del Moral, critique taurin espagnol, présent à Mexico. Courts extraits : "...C'est la fois où j'ai vu Sébastien Castella le mieux toréér... Alors que Castella peaufinait son chef d'oeuvre, on entendit sur les tendidos de La Monumental mexicaine, des cris de Vive la France ! Tu es un autre Napoléon ! Jusqu'à ce qu'on entende la Marseillaise...
...Une journée historique, comme si Castella avait planté une Tour Eiffel sur la piste de cette impressionnante Monumental..."
Conclusion de José Antonio del Moral "...Le président Sarkozy, s'il est vraiment aficionado, devrait concéder la Légion d'Honneur au grand torero, qui est aujourd'hui même, le meilleur ambassadeur de son pays, dans le monde hispano-américain."
"...Il n'est pas inutile de rappeler que la corrida est le seul spectacle en France qui ne bénéficie pas de l'aide massive et institutionnelle de l'Etat..." souligne André Viard dans un éditorial intitulé "Le Spectacle Vivant" (www.terrestaurines.com 13 février 2008).
Quelques lignes plus loin, il enfonce le clou : "...Extrèmement privilégiés au niveau fiscal, ces spectacles (théâtre, opéras, récital d'artistes de variétés...) bénéficient notamment d'un taux de TVA réduit sur la vente des billets (2,10 % ou 5,5 %), mesure prise par l'Etat pour favoriser la création et la diffusion culturelle. La corrida répond à tous les critères pour intégrer cette catégorie, mais les organisateurs professionels paient pourtant 19,6 % de TVA..."
André Viard rappele aussi que les corridas apportent des recettes non seulement à l'Etat (avec la TVA) mais également aux municipalités par le biais de la redevance, sans oublier les recettes indirectes dans les commerces de la ville.
L'économie de la corrida est un sujet que nous abordons régulièrement ici et sur lequel nous reviendrons.
Ceux (les anti-corridas surtout) qui affirment que la corrida est financée par de l'argent public, avancent des propos erronés.
Entre les tribunes et le terrain, les responsables du football professionnel ont placé des hommes vêtus de rouge, jaune ou orange fluo. On les appelle les stadiers (mot récent). Pendant quatre vingt dix minutes, ils tournent le dos au terrain. Ils ne voient absolument pas le match.
Leur rôle : scruter les tribunes qui pourtant sont déjà surveillées par des caméras.
Rien de tout cela dans une arène. Pas le moindre regard en direction du public.
L'arène est un lieu calme, capable de faire silence pendant plusieurs secondes. Capable aussi de ne pas répondre aux insultes d'une poignée d'anti-corrida, comme ce fut le cas, selon la presse, dimanche à Samadet, cité des Landes.
Dans l'arène, on ne croise pas de hooligans, on n'assiste jamais à des affrontements entre supporters. L'arène est un lieu calme et paisible que certains voudraient interdire aux mineurs.
Ces censeurs se trompent de cible.
L'hebdomadaire "Semana Grande" (lundi 28 janvier) publie un extrait d"Ors et Lumières". Une publication de luxe qui paraissait au début des années 50.
Dans son numéro 17, la rédaction a demandé à plusieurs personnalités de l'époque, leur avis sur la corrida.
Serge Lifar, célèbre danseur et chorégraphe, né à Kiev en 1905 et décédé à Lausanne en 1986, a répondu ainsi : "Je suis allé en Espagne. J'ai vu Dominguin et c'est tout dire, je crois. Mais, il n'est pas besoin que je cite le plus grand pour que vous puissiez imaginer à quel point j'ai été mieux qu'ému, bouleversé par la majestueuse en même temps qu'aérienne, danse de la mort qui se joue dans l'arène. Ballet surnaturel où le danger est la danseuse étoile, où rutilent au soleil, les ors et les lumières du soleil, en guise de rampe, et où l'inspiration est composée de peur et de génie ; la corrida m'a charmé, m'a séduit et m'a effrayé par sa trop grande beauté."
Jacques Durand a joué les Champollion (jeudi 31 janvier) dans le quotidien "Libération". Extraits :
"Le dernier livre de Simon Casas se présente comme un hiéroglyphe... L'Envers de la Cape n'est pas un pavé narratif mais une suite de textes brefs, incisifs, séduisants, fiévreux, intimes, aiguisés, qui ramènent dans leurs filets des souvenirs, des choses vues, entendues ou imaginées autour de la corrida et aussi ailleurs... Ces étincelles finissent par illuminer un territoire, oui, romanesque. Romanesque parce que le regard de l'auteur sur la corrida l'est, et avec bonheur, que les souvenirs de son apprentissage aventureux le sont, que les toreros et les personnages qu'on y croise, Castella, Talavante, Tomás, Alain et Christian Montcouquiol, Platanito, Jaquito, l'éleveur colombien Carlos Pantoja, le Rhône en colère, l'écharpe de Rimbaud, le sont également. Romanesque comme l'est la vision de Casas quand il se retourne sur les aléas de ses origines et de sa propre vie et, pour plagier Malraux, les transforme en destin.
Ainsi, l'obsession, légitime pour un homme d'affaire taurin de son importance, de prendre les arènes de Madrid devient, sous son éclairage, la volonté de conquérir, via les toros, une Espagne qui a chassé ses ancêtres juifs en 1492.
Explication acrobatique, mais d'une vraie consistance littéraire."
Les revues taurines européennes publient hebdomadairement l'escalafon. Traduisez : le classement des toreros selon le nombre de corridas toréées en Europe.
Dans "Semana Grande", Marc Lavie, directeur de l'hebdomadaire publie l'escalafon mondial 2007. Il suffit de totaliser pour chaque torero, toutes les corridas toréées. En Europe et dans le Nouveau Monde.
A ce petit jeu, c'est El Fandi qui décroche la médaille avec 101 corridas toréées (90 en Europe, 11 aux Amériques). Il devance El Cordobes, El Juli et El Cid.
Sébastien Castella pointe à la sixième place (avec 81 courses). Juan Bautista arrive en 22ème position (avec 48 corridas).
Trois toreros qui n'ont pas posé la semelle de leurs zapatillas dans une arène d'Europe, entrent dans le top 20.
Arturo Macias est 11ème avec 66 corridas toutes toréées au Mexique. Zotoluco -que l'on a vu en France et en Espagne au début des années 2000- occupe la 14ème place avec 57 corridas (toutes au Mexique). Enfin, Rafael Ortega se hisse en 19ème position avec 49 corridas (toutes au Mexique également).
A contrario, les premières places de l'escalafon mexicain sont occupées par des toreros...mexicains. Le premier étranger (Cesar Rincon) pointe à la... 24ème place.
Plutôt conservateurs les aficionados !
A chacun ses étoiles.
L'amateur de corridas au budget limité peut assister aux faenas d'El Juli, José Tomás, Sébastien Castella, Juan Bautista et autres en déboursant 18 euros (tarifs des places amphis aux guichets devant les arènes avant les corridas).
Pour entrer dans le stade de France où Johnny Hallyday donne deux concerts (29 et 30 mai), il faut débourser au minimum 45 euros (et au maximum 120 euros).
Pour s'asseoir sur les travées du Parc des Princes le 20 juin et entendre Tokio Hotel (un groupe dont le public est très jeune), il faut se délester (au minimum) de 45,20 euros. Les virages du Parc n'offrent pas la même visibilité que les amphis des arènes.
A l'Espace Pierre Cardin, la compagnie Marie-Claude Pietragalla interprète "Le théâtre des fous" de Sade. Le prix des places varie de 33 à 96 euros.
Quel spectacle est le plus accessible aux petits budgets ? La corrida ? Un chanteur populaire ? Un spectacle de danse ?
Il suffit de comparer les chiffres.
Jean-Marie Magnan romancier et grand connaisseur des choses de la corrida vient de publier "Vivre Livres" (éditions Autre Temps) où il n'est pas question de corrida. Il livrera prochainement dans "Planète Corrida" ses impressions sur "L'Envers de la Cape" de Simon Casas (éditions Fayard). Extraits :
"...Simon Casas maîtrise tous les registres du langage et c'est sa plus sûre victoire : du slogan médiatique dont il use sans restriction à la puissance convaincante des chiffres de l'incorrigible joueur qu'il demeure malgré les années et jusqu'au chant profond de la poésie qui donne courage à l'homme parti à la recherche de lui-même et éclaire son âme dans le noir.
Dans sa seconde partie, le livre poursuit une courbe ascendante...
...Il faut en convenir, Simon Casas décape les lieux communs, dépatine les poncifs et leur confère une insolite profondeur qu'ils n'ont guère sous la plume des grammairiens et des juristes de la corrida. "Il n'y a que les imbéciles qui refusent de se fier aux apparences" a dit à peu prés Oscar Wilde.
Simon respecte les apparences, mais il aperçoit et écoute au-delà l'essentiel et nous le révèle avec un naturel dans l'étrange d'une qualité rare.
La troisième partie du livre offre toute une exploration de soi sous l'angle de la mort inéluctable et d'une corrida rédemptrice. Elle m'évoque Michel Leiris... Simon Casas reste celui qui veut poser des banderilles aux étoiles, mais il enchaine sans concession les images du pire, quand le quotidien devient cauchemardesque...
...A cette heure très sévère d'une époque, L'Envers de la Cape permet aux pseudos que nous sommes de faire, d'illumination en illumination, leur salut grâce à l'éternel retour du rachat par une passion."
Régie municipale ou délégation de service public ?
Les trois principales arènes du sud-est (Arles, Béziers, Nîmes) ont choisi la délégation de service public, c'est à dire une gestion privée. Et, ça marche. Chacune des trois entreprises (Luc Jalabert à Arles, Robert Margé à Béziers, Simon Casas à Nîmes) présente des comptes d'exploitation positifs et paie une redevance à la ville.
A contrario, les trois principales arènes du sud-ouest (Bayonne, Dax, Mont de Marsan) fonctionnent en régie municipale. Côté financier, ce mode de gestion affiche quelques ratés. Les arènes de Bayonne ont perdu beaucoup d'argent en 2007 (les chiffres ont été publiés dans la presse régionale). Mont de Marsan ne va pas fort. Dax reste très discret sur les chiffres.
Certes, chaque ville gère ses arènes comme elle l'entend et nous n'avons de leçon à donner à personne. Mais, les faits sont têtus et débouchent sur un constat sans appel : le déficit des trois principales arènes du sud-ouest financé par l'argent des contribuables sert d'argument aux anti-corridas qui affirment -et dans ce seul cas, ils ont raison- que la corrida est subventionnée.
Par contre, les trois principales arènes du sud-est qui fonctionnent en délégation de service public, réalisent des bénéfices, versent de l'argent aux collectivités (grâce à la redevance) et détruisent les arguments des anti-corridas.
La régie municipale est aujourd'hui un mode de gestion obsolète financé, en partie et à tort, par de l'argent public.
A Nîmes, depuis 2002, la régie municipale a laissé la place à la délégation de service public. Les comptes de la corrida étaient dans le rouge. Ils sont passés au vert.
Et, la qualité des spectacles n'en a pas souffert. Bien au contraire !
Il faut tordre le coup à cette tenace et vieille idée reçue.
Non ! L'arène de Nîmes n'est pas l'arène de France qui peut accueillir le plus de spectateurs.
Nîmes peut recevoir au maximum 12 800 spectateurs payants. Certaines arènes de France peuvent en installer davantage.
Non ! L'arène de Nîmes n'est pas l'arène de France qui réalise le plus gros chiffre d'affaires.
Nîmes dispose de 8 300 places numérotées et 4 500 amphithéâtres (vendus au prix de 18 euros les jours de corridas autour des arènes).
Parmi les six grandes arènes de France, laquelle propose 4 500 places à 18 euros ? Nîmes et aucune autre !
Ce chiffre d'affaires moins élevé que dans d'autres arènes françaises n'empêche pas Nîmes de programmer dans la saison toutes les vedettes du moment.
Oui ! Nîmes est la seule arène de France qui publie ses chiffres.
133 258 spectateurs payants sur l'ensemble des deux ferias en 2007.
Quelle autre arène communique les nombres d'entrées payantes chaque saison ?
Nîmes publie chaque année le montant de la redevance versée à la ville (173 000 euros pour la temporada 2006. 198 000 euros en 2007).
Nîmes est la seule arène de France qui ne ferme jamais ses portes. Ses bureaux sont ouverts toute l'année. Son site internet fonctionne quotidiennement. Plusieurs salariés y travaillent en permanence. Et, en prime, le compte d'exploitation affiche un bénéfice.
Ne voyez dans ces lignes aucune prétention de notre part, pas la moindre trace d'autosatisfaction, mais seulement un constat, des faits et de la transparence, histoire de gommer quelques idées reçues et fausses qui ont la peau dure.
Dans la série "C'était mieux avant", ce dernier exemple. Au banc des accusés : les toreros vedettes et leurs apoderados. Le maire de Nîmes, très courroucé, prend sa plume et adresse un courrier à tous les maires des cités taurines de France. Extraits : "Vous n'êtes pas sans savoir, en effet, que certains parmi les plus grands noms de la tauromachie exigent pour leur action dans nos plazas des toros faciles et dont l'armure est bien souvent insuffisante... Nous pensons que nous devons manifester une certaine raideur en ce qui concerne la présentation et l'armure du bétail, car il manque à un combat son principal caractère quand il y a trop de disproportion entre les armes des antagonistes..." Ces lignes ont été écrites en 1960 par monsieur Edgar Tailhades, alors maire de Nîmes. Les toreros visés par ce courrier se nomment : Julio Aparicio, Jaime Ostos, Pedres, Paco Camino et Antonio Ordoñez.
C'est sûr, c'était mieux avant. (Fin).
"Les coups de cornes identitaires se soignent mal et s'infectent vite", écrit Simon Casas. Dans "L'Envers de la Cape" (qu'il choisit de désigner comme "roman"), l'ancien torero et directeur des arènes de Nîmes évoque la difficulté d'accéder à son rêve : devenir matador. Dans cette quête identitaire, Casas torée magnifiquement avec les mots. Souple et voluptueuse comme des passes véroniques, sa plume saisit avec grâce les émotions qui se heurtent sur le sable ardent de l'arène : mépris de la mort affiché par les toreros, respect mutuel entre l'homme et la bête, don absolu de soi... Entre souvenirs d'enfance et récits de ses expériences, il évoque les plus grands : José Tómas, Alejandro Talavante, El Cordobes...
Un livre d'une poésie infinie qui nous ouvre les portes d'un monde fascinant et hisse son auteur au rang d'écrivain."
Isabelle Courty, Le Figaro Magazine, samedi 19 janvier.
"Hier encore, j'avais 20 ans, je caressais le temps, je jouais de la vie..." vous connaissez tous ces paroles d'une chanson signée Charles Aznavour. Aujourd'hui, ceux qui n'ont plus 20 ans ne cessent de se lamenter. Hier, affirment-ils, c'était mieux qu'aujourd'hui y compris dans le monde des toros. Paroles, paroles comme dit une autre chanson.
Aujourd'hui, de nombreux amateurs de corridas ne cessent de dire, d'écrire, d'annoncer la lente et inexorable agonie de la corrida. Ils ne sont pas les seuls. Laurent Tailhades, écrivain dandy, anarchiste et aficionado prophétise lui aussi la fin prochaine du spectacle taurin. Et, il en donne les raisons "...Le nombre croissant de plazas, l'accession des dernières mazettes à la fonction d'espada (voici quinze ou vingt ans que Madrid et Séville confèrent l'alternative à des garçons qui, aux belles époques, n'auraient jamais dépassé l'emploi de sobresaliente) enfin, la décadence complète des picadors auront bientôt ravalé à un numéro de cirque la transcendante escrime des Costillares et des Romero..."
Ce texte, cité par Jacques Durand dans un ancien numéro de Libération, a...107 ans !!!
Il a été écrit en 1901 !
C'est sûr, c'était mieux avant ! (A suivre).
Extrait de "La Soupe de Kafka" de Mark Crick (édition Flammarion). Extrait du chapitre "Poussins désossés et farcis à la Marquis de Sade".
"...Asservi aux études et ratiocinations de scientifiques, aux élucubrations de diététiciens, aux affêteries des taverniers, aux cauteuleuses réclames des associations professionnelles, le nouveau consommateur serait-il au moins récompensé par une vigoureuse santé, une longue destinée, l'espoir d'un plus bel au-delà ? Que Nenni !
Autour de lui, ce ne sont que des végétariens rongeant les pissenlits par la racine, buveurs d'eau apoplectiques ou phobiques de sucre affligés de caries...
Reconnais que tes années de tempérances, de candide foi dans les yaourts allégés, ne t'ont point préservé de la bedaine, de joues plus rebondies que des fesses, voire d'une misérable insuffisance sexuelle..."

"...C'est donc un très curieux roman que "ce Simon Domb Pseudo Casas". Un très étrange et très complexe labirynthe dans lequel on croise toutes sortes de personnages...
N'attendez pas de ces lignes qu'elles nous livrent les secrets de toreros. Simon Casas n'a écrit ces rencontres que pour mieux se chercher. Si l'on en sort bouleversé, parfois étonné, parfois meutri, mais transformé par la révélation d'un secret, c'est parce que Simon Casas est allé au plus prés des terrains littéraires. Il a sans tricher, essayé d'approcher ce qui est au plus profond de nous : de percer le mystère de ce qui fait l'homme, son destin, et qui a dessiné autrefois des chemins ignorés qui tracent sa vie..."
Yves Harté Sud-Ouest, édition du dimanche 13 janvier.
"...L'identité, ou plutôt la quête identitaire, ça reste la grande affaire de la vie du français, fils de juif polonais et de mère Séfarade née en Turquie, et qui a toréé et vit encore sous pseudonyme espagnol. L'affaire de sa vie, oui, et le sujet principal de son livre..."
Vincent Coste, Midi-Libre (13.01.08).
Les différentes chaînes de la télévision espagnole ont retransmis 335 spectacles taurins en 2007 contre 216 en 2006.
119 retransmissions télévisées supplémentaires, soit 55 % de plus !
Cela n'a pas empêché quelques médias et les associations anti-corridas de répéter que les caméras de télévisions désertaient les arènes.
Ce n'est pas vrai. Les chiffres le démontrent. Pourquoi cette désinformation persistante ?
Parce que TVE, chaîne publique, qui avait télévisé 12 corridas en 2006 a cessé d'en diffuser en 2007.
Par contre, huit autres chaînes ont mis la corrida sur leurs grilles des programmes. La chaîne Castilla la Mancha dont les commentaires sont assurés par Cristina Sanchez qui a pris l'alternative à Nîmes, en a télévisé 110. Davantage qu'en 2006.
Digital Plus a doublé le nombre de ses retransmissions : 78 en 2007 contre 36 en 2006 !
En 2008, le nombre de spectacles taurins diffusés en direct sur le petit écran devrait encore croître.
L'Envers de la Cape est un magnifique roman sur l'identité.
Vincent Roy, Le Monde des Livres du 11/01/08

Si l'on veut bien admettre que la littérature est la poursuite de la tauromachie par d'autres moyens; si l'on pense, avec Michel Leiris, qu'il faudrait toujours mettre dans son art ne serait-ce que l'ombre de la corne, alors oui, ce livre est bien le plus taurin qui soit. Bien qu'il y soit, d'ailleurs, assez peu question de taureaux. Ou pas de ceux auxquels on pense. Chacun ses monstres. De quoi est-il question alors ? D'un gamin, Bernard Domb, né à Nîmes, Gard, et qui se rêvait espagnol. Son père était juif polonais, maquisard dans les Cévennes. Sa mère, séfarade de Turquie. Ils se croisèrent sur le marché d'Alès. Ils s'aimèrent. C'était la guerre. Se séparèrent. C'est la vie.
L'enfant grandit entre trois femmes -mère, tante, grand-mère- qui parlaient entre elles le ladino, la langue de l'exil. Ainsi naissent les vocations. Simon serait torero. Il conquerrait l'Espagne. Sa Reconquista à lui. Sous l'habit de lumière, il cachait l'étoile de David, quand il priait à la chapelle des arènes, devant la petite Vierge aux larmes de diamant. Il la caressait de la main gauche et se signait de la droite. Un vieux truc de marrane. Pourquoi on torée ? Pour savoir qui on est, pardi ! Appelez-ça quête d'identité et vous comprendrez : les toreros, dans leur folie, sont comme les autres. Lui, son problème, c'était de se réunifier : Casas et Domb, comme le rose et jaune de la cape. Où est l'envers, où est l'endroit ? Qu'il ait échoué à devenir un grand de la tauromachie ("je me suis trompé de vocation") est au fond anectodique. Restaient bien d'autres chemins où se chercher. Qui tous menaient à ce livre qui lui ressemble, grave et léger, écrit du bout des doigts, comme il sied de toréer, où se mêlent éclats de vie, impressions et visions goyesques, émaillés d'instants de pure poésie. D'un torero artiste, on dit qu'il a -ou pas- le duende. Le duende, c'est l'inspiration, un petit génie fugitif et capricieux.
Il a ça, Simon : le duende.
Claude Weil/ Le Nouvel Observateur N° 2253 /10/01/2008.
"...Simon Casas a depuis longtemps oublié ses essais. Parce que depuis longtemps, ce sont des coups de maître affirme Jean-Louis Lopez sur le site www.eltico.org.
Le premier, il l'a réalisé comme matador de toros... avec ce panneau qui disait qu'il fallait être espagnol pour être torero.
Comme représentant de toreros, il s'est occupé des meilleurs... qui l'avaient choisi.
Comme directeur d'arènes, c'est le public, celui d'ici et l'autre là-bas, qui aujourd'hui le plébiscite.
Dans "L'Envers de la Cape", Bernard Domb pseudonyme Simon Casas... recherche encore une identité... Comme un sans-papiers, comme un enfant juif que la chrétienté pourchasse et persécute...
"L'Envers de la Cape", c'est la somme d'aveux qu'expire un homme écorché vif...
Ceux qui connaissent Simon Casas savent qu'il est une source de sensibilité... Parce qu'il refusera toute sa vie le costume sombre d'un notable.
Lire "L'Envers de la Cape" est une nécessité primordiale. Pour entrevoir le côté droit des choses...
Le véritable anarchiste est celui qui traverse dans les passages cloutés. Pour éviter la police."
Extrait de "L'Envers de la Cape ou Le Mal de Vivre", titre d'un billet signé Jean-Louis Lopez, sur le site www.eltico.org.
"...L'Envers de la Cape s'ouvre sur une évocation de Javier Conde... Un artiste, un poète qui lui raconte que le flamenco a trouvé sa sonorité dans la turbulence des eaux de Gibraltar... On sent bien que Casas est plus proche des rêveries toutes éveillées qui mélangent les arts et les inspirations que des longues parleries sur les encastes ou sur la manière de faire baisser la tête à un toro...
A l'autre bout du livre, on trouve une autre figure. Celle de Jose Tomas... qui incarne le plus le don de soi, l'intransigeance sombre, une absolue rigueur dans le risque...
C'est entre ces deux visages, ces deux vérités du toreo que Simon Casas trace son territoire...
Un troisième nom tremble tout au long du livre... Alain Montcouquiol. C'est peu dire que ces deux-là ont inventé et guidé ensemble... ce mouvement des toreros français, intuition géniale et implacable qui fait que nous sommes tous là aujourd'hui..."
Jean-Michel Mariou http://aquitaine.france3.fr
Simon Casas à la Une du quotidien "La Marseillaise" (édition du dimanche 6 janvier) "Simon Casas... de Domb à la lumière" titrait le quotidien régional.
A l'intérieur (page 2) sur toute la page, MJ Latorre couvre d'éloges "L'Envers de la Cape (édition Fayard) "Cet ouvrage se lit comme un thriller, roman mosaïque dans lequel il est conseillé de déchiffrer entre les lignes, jeu de piste fléché par un fil rouge (celui du sang des hommes, des bêtes, de la vie, de la mort) dans lequel serpente le long d'une existence au travers de nombreuses et poétiques aventures, de rêves tenus portés par un dénominateur commun, la tauromachie, ses ors et ses misères qui ont fondé un destin..."
Après "La Marseillaise (30 décembre) au tour du Midi-Libre. Dans son édition du 4 janvier, le quotidien régional consacre deux pages (couleurs) sur la temporada nîmoise 2007, sous la plume de Roland Massabuau "...La temporada, de mai à septembre, aura confirmé le rang des arènes de Nîmes sur la scène internationale... L'amphithéâtre a permis aux aficionados, en 2007, de rassembler d'innombrables images. Un album précieux, témoins d'admirables tirades illustrant la personnalité des acteurs ou de scènes faisant éclater le goût, l'art, la sincérité ou la dimension esthétique des toreros. Des journées comme seules peut-être les arènes de Nîmes savent en créer."
Roland Massabuau ne pouvait pas ne pas revenir sur la corrida de clôture du dimanche 16 septembre 2007. Sous le titre "Un 16 septembre pour l'Histoire" il conclut ainsi "...Et quand les trois toreros (Denis Loré, Jose Tomas, Joselito Adame) ont, dans la nuit qui tombait sur la ville, franchi la Porte des Consuls, plus de 13 000 personnes, debout la gorge nouée ou les yeux mouillés, ont su que cette date serait majeure et ineffaçable."
Antonito a adoré la saison taurine nîmoise. Il l'écrit dans le quotidien La Marseillaise (30.12.07) : "Nous voilà enfin fixé sur le sort de la cité des Antonins. Nîmes, tauromachiquement parlant, est la reine des arènes françaises, voire l'Impératrice de ses comparses européennes.
Nous avons eu la chance de vivre une temporada comme nous n'en vivrons certainement que très peu dans notre courte vie d'aficionado..."
Pour ne rien oublier de la temporada nîmoise 2007, voici un simple jeu de questions-réponses.
Quelle est l'arène de France qui en 2007 a battu des records de fréquentation (133 258 spectateurs) dégagé des bénéfices et versé prés de 200 000 euros de redevance à la ville ? Nîmes et aucune autre !
Quelle est l'arène de France qui propose 5 000 places à un prix populaire (18 euros) ? Nîmes et aucune autre !
Quelle est l'arène de France qui a mis à l'affiche des toros andalous (Miura et Juan Pedro Domecq) en 2007 ? Nîmes et aucune autre !
Dans quelle arène Cesar Rincon a-t-il fait ses adieux à l'aficion française ? Nîmes !
Quelle est l'arène qui a offert le plus de postes aux toreros français ? Nîmes !
Dans quelle arène Alejandro Talavante a toréé son unique corrida en France en 2007 ? A Nîmes et nulle part ailleurs !
Quelles sont les arènes de France qui ont programmé Miguel Angel Perera en 2007 ? Dax et Nîmes.
Quelles sont les arènes de France qui ont mis à l'affiche Jose Tomas en 2007 ? Dax et Nîmes.
Dans quelle arène de France, Sébastien Castella et Juan Bautista ont fait trois paseos en 2007 ? Nîmes !
Quelle est l'arène de France qui communique (par internet et téléphone) quotidiennement avec son public ? Nîmes et aucune autre !
Toutes ces données peuvent être vérifiées et comparées.
2007 fut une superbe saison. Place maintenant à la temporada 2008 qui verra défiler sur le sable des arènes de Nîmes, toutes les étoiles du toreo.
Selon www.mundotoro.com, 51 % des chinois titulaires d'un diplome d'enseignement supérieur sont friands de culture espagnole, et de corridas.
Selon le quotidien "Le Monde", les classes supérieures et moyennes chinoises s'apprêtent à multiplier les voyages en Europe, principalement en France, Italie et Espagne.
Des chinois sur les gradins des arènes d'Europe ? Demain, peut-être !
En 1948, la France taurine a programmé 24 corridas (source Semana Grande).
En 2007, cette même France taurine a proposé aux aficionados 73 corridas (source Semana Grande).
Faites les comptes. Cela représente 49 corridas supplémentaires.
A elles seules, les villes de Nîmes (13 corridas), d'Arles (7) et de Béziers (5) ont organisé davantage de corridas en 2007 que l'ensemble des arènes françaises en 1948 !
Au chapître des novilladas, la progression est spectaculaire. En 1948, trois arènes (Alès, Eauze et Soustons) avaient accueilli trois novilladas (source Semana Grande encore).
En 2007, plus de trente arènes ont mis à l'affiche quarante neuf novilladas. Soit une augmentation de 1 535 % !
Les éternels grincheux et les pessimistes de tout crin rétorqueront que quantité ne rime pas toujours avec qualité.
Les observateurs en tireront une simple conclusion. En un demi-siècle, la tauromachie s'est enracinée au sud de la Loire , ou les ganaderos, les toreros et les aficionados n'ont jamais été aussi nombreux.
L'éditorial de Marc Lavie intitulé "Les nerfs de la crise" (hebdomadaire Semana Grande N°558 - 10.12.07) commence ainsi "Les premières ébauches des ferias de 2008, le déficit important annoncé par les arènes de Bayonne pour l'année écoulée, ou encore les déclarations des divers responsables de la feria de Mont de Marsan alimentent les tertulias de l'hiver taurin français. Ici et là, on accuse les toreros vedettes d'avoir trop d'exigences et de demander trop d'argent. Mais est-ce vraiment la raison de la crise ?
A Nîmes, la saison 2007 a tutoyé les sommets. Les toreros vedettes (Jose Tomas, Enrique Ponce, El Juli, Sébastien Castella, Juan Bautista, Jose Maria Manzanares , Miguel Angel Perera, Alejandro Talavante, etc...) ont défilé sur le sable nîmois. Les toros andalous sont revenus. La corrida de clôture des Vendanges est entrée dans l'histoire des arènes de la cité.
En terme de fréquentation, ce fut une année de record : 133 258 spectateurs payants (86 662 à la Pentecôte - 46 596 aux Vendanges).
Toutes les étoiles, un public record et un compte d'exploitation qui dégage un bénéfice après le paiement de la TVA (19,60 de la recette) et de la redevance à la ville (173 000 euros au titre de la saison 2006). Si d'autres arènes françaises font la moue pour diverses raisons, à Nîmes, tous les clignotants (artistiques, financiers, etc...) restent au vert.
La temporada 2008 peut commencer.
Lu dans le quotidien "Libération" (jeudi 29 novembre) sous la plume de Jacques Durand "Huit jours plus tard, gros tralala. Une course cette fois ci, à l'espagnole avec Frascuelo. Le grand Frascuelo ? Le rival de Lagartijo ? Et bé, pas tout à fait. Son vrai nom n'est pas Salvador Sanchez comme l'idole de Grenade, mais Francisco Larose, c'est écrit sur l'affiche, mais en tout petit..."
C'était en 1887, dans les arènes du Prado à Marseille. 120 ans après, quelques aficionados affirment et répètent que la tauromachie est malade. Malade de son succès. Que n'auraient-ils pas dit et écrit s'ils avaient disposé d'une tribune à la fin du 19ème siècle devant de telles escroqueries ?
En 2007, quelle arène oserait utiliser un tel stratagème pour appâter le public ? Aucune bien sur.
Mais, c'est bien connu, c'était mieux avant !
Qui peut nier les avancées extraordinaires de la tauromachie française en trente ans ? Personne ! Il suffit de comparer.
En 1974, les arènes de Nîmes ont présenté 6 corridas (aucun torero français n'était à l'affiche) et deux novilladas, avec un torero français (Frédéric Pascal).
En 1984, 8 corridas avec 5 toreros français (Nimeno II, Chinito, Curro Caro, Patrick Varin, Richard Milian), 2 novilladas avec un torero français (Joel Matray).
En 2007, 13 corridas et 11 toreros de France (Sébastien Castella, Juan Bautista, Julien Miletto, Denis Loré, Mehdi Savalli, Michel Lagravère, Morenito de Nîmes, Swan Soto, Marc Serrano, Julien Lescarret et Jonathan Veyrunes), 2 novilladas et 2 toreros français (El Santo et Camille Juan). Une corrida de rejon et une torera tricolore (Marie-Sara).
En 30 ans, la participation française est passée de 1 à 14 !
Quant au nombre de spectateurs, il a tout simplement doublé !
Les aficionados militants, comme les toros de Jacques Brel, s'ennuient le dimanche. Pas seulement le dimanche.
Pour chasser ces moments de solitude taurine, ils organisent des réunions, des colloques, des diners, débats etc...
On y parle de tout. De toros bien sûr. On évoque le tercio de piques en pleine déconfiture, l'élevage du toro de combat, et mille autres sujets qui reviennent chaque année sur le tapis avant le solstice d'hiver.
Sujet à la mode en 2007 : la réponse aux anti-corridas. Chacun y va de son couplet, détaille sa méthode et aimerait bien la véhiculer via les médias.
Faudrait tout de même pas confondre la parole (des aficionados militants) et l'action (des acteurs taurins).
Qui a relancé l'aficion à Barcelone ? Les multiples discours et réunions ou le retour en scène de Jose Tomas ?
Qui véhicule et renforce l'image de la tauromahcie française ? Les colloques ou les triomphes de Juan Bautista et Sébastien Castella à Madrid et leurs photos aux côtés de Juan Carlos qui ont fait le tour de la presse espagnole ?
Qui démontre le sérieux et la crédibilité du mundillo tricolore ? Les aficionados militants ou Luc Jalabaert et Alain Lartigue qui dirigent la carrière de Joselito Adame ou encore Simon Casas responsable des arènes d'Alicante, meilleure arène de 2ème catégorie selon 6 Toros 6 ?
Etre aficionado militant, c'est louable, c'est méritant.
Mais entre le discours du militant et l'action, coule le Rubicon toujours très difficile à franchir.
Notre photo : Le Roi d'Espagne entouré de Juan Bautista et Sébastien Castella.
Les Saintes Maries de la Mer côtoient les toros quotidiennement. Les élevages encerclent la cité provençale. Chaque automne, les abrivados et "l'Acoso y derribo" sur la plage attirent des milliers de visiteurs.
Plus à l'ouest, de l'autre côté du Vidourle, le Grau du Roi vit aussi au rythme régulier des toros.
Pas très loin de lui, Palavas organise, chaque printemps, une feria avec toreros vedettes (El Juli, Juan Bautista et Jose Maria Manzanares y participaient en 2007).
Toutes ces manifestation créent et maintiennent l'aficion.
En conséquence, ces trois stations balnéaires devraient être davantage représentées que les autres dans les arènes de Nîmes. Ô surprise, ce n'est pas le cas !
Les plus nombreux viennent de... La Grande Motte.
Arrivent ensuite les aficionados des Saintes Maries de la Mer et ceux du Grau du Roi. Et qui voit-on pointer à la quatrième place ? Les aficionados de St Tropez, cité davantage connue pour sa plage de Pamplone, son gendarme et ses villas étoilées que pour son aficion. Dans les arènes de Nîmes, les résidents de St Tropez sont plus nombreux que ceux de Palavas !!!!
Surprenant peut-être, mais bien réel. Ce sont les chiffres qui l'affirment.
Jose Tomas, Joselito Adame (2 oreilles et la queue à Guadalajara, ce qui n'était plus arrivé depuis 30 ans), Miguel Angel Perera et Alejandro Talavante (une oreille pour sa confirmation d'alternative à Mexico) ont triomphé ce week-end de l'autre côté de l'océan.
Tous les quatre seront très attendus dés le printemps dans les arènes d'Europe.
A eux quatre, ils totalisent seulement 7 paseos comme matadors de toros en France.
- 2 pour Joselito Adame (Arles où il a reçu l'alternative et Nîmes où il l'a confirmé). Pour le jeune et prometteur torero mexicain, rien de plus logique. On le vit dans beaucoup d'arènes du sud-est et du sud-ouest comme novillero.
Plus étonnant pour les autres.
- 2 paseos pour Jose Tomas (Nîmes et Dax).
- 2 paseos pour Miguel Angel Perera (Nîmes et Dax).
- 1 pour Alejandro Talavante (Nîmes).
Juan Bautista (15 corridas dans 12 arènes françaises) et Sébastien Castella (14 corridas dans 7 arènes françaises) occupent la tête de "l'escalafon" 2007 sur le sol de Descartes.
Juan Bautista a toréé 3 fois à Nîmes et fait 2 paseos à Arles. Il fut aussi une fois à l'affiche dans 10 autres arènes tricolores (Bayonne, Béziers, Dax, Mont de Marsan, Palavas, Eauze, Aire sur l'Adour, Les Saintes Maries de la Mer, Beaucaire et Fenouillet).
Sébastien Castella a lui aussi toréé à trois reprises à Nîmes. 5 arènes (Bayonne, Béziers, Dax, Mont de Marsan et Fenouillet) l'ont affiché deux fois. Enfin, un paseo à Arles le 6 avril, pour son retour en piste après sa blessure de Cali.
Elisabeth de Fontenay philosophe à l'université de Paris 1, n'aime ni la corrida, ni ceux qui y assistent. C'est son choix, c'est son droit. Sa condamnation de la corrida, de ses acteurs et de son public publiée par le quotidien "Libération" (jeudi 8 novembre) s'appuie sur des contre-vérités. Voici trois exemples :
"...Les taureaux sauvages sont à peu près élevés comme on élève des faisans pour les tirer..."
Le campo, vous le savez-tous, ressemble à un poulailler !!!
"...Comment explique-t-on en effet que certains d'entre eux (les toros) refusent le combat à tel point que pour les exciter, on lachait naguère sur eux les molosses des abattoirs de Séville ?..."
Hier les molosses et aujourd'hui qui ? Qui ?
"...Il reçoit l'estocade, laquelle ne met pas fin à son supplice, puisqu'il faut encore que l'achèvent les puntilleros armés de couteaux : dans l'arène mais à l'abri des regards..."
Autrement dit, on arrastre des toros encore vivants !
Sans commentaires !
Il faut le répéter encore et toujours pour tordre le coup à une idée reçue tenace : la feria des Vendanges n'est pas une feria entre nîmois. La preuve par les chiffres. Aux Vendanges 2007, le public des arènes arrivait de 20 pays (et pas seulement européens), de 22 régions de France, et de 1 093 communes.
Vous avez dit feria entre nîmois !
1 093 communes de la France métropolitaine étaient représentées dans les arènes de Nîmes lors de la feria des Vendanges 2007.
1er : Languedoc-Roussillon. Les aficionados de cette région arrivaient de 361 communes. Pas de surprise.
2ème : PACA (Provence-Alpes-Côte d'Azur). 194 communes.
3ème : Rhône-Alpes, 135 communes. Cette région regroupe 8 départements. Ne cherchez pas. Vous ne trouverez pas la moindre arène sur le territoire de cette région. Pas d'arène, mais beaucoup d'aficion.
4ème : Midi-Pyrénées, 91 communes.
5ème : Paris-Ile de France, 83 communes.
6ème : Aquitaine, 65 communes. La région Aquitaine est l'une des plus taurines de France. Elle est composée de 5 départements et de villes réputées pour leur feria (Bayonne, Dax, Mont de Marsan). Mais, elle est deux fois moins représentée à Nîmes que la région Rhône-Alpes !
7ème : Auvergne, 30 communes.
Ferme la marche, la région Picardie avec 4 communes.
NB : Ces données ne sont pas rigoureusement exactes. Pour deux raisons.
D'abord, elles portent sur 35 000 billets achetés par cartes bancaires ou chèques. Les autres billets vendus (près de 10 000) ont été payés en espèces. Impossible donc de connaître la cité de résidence de l'acheteur.
Ensuite, le billet acheté par des clients de Nîmes, Alès ou Arles, peut-l'être pour des amis venus d'autres départements. Impossible là encore de connaître la commune de l'utilisateur du billet.
En conséquence, les aficionados présents aux dernières Vendanges arrivaient de plus de 1 093 communes réparties sur l'ensemble du territoire national.
La feria des Vendanges n'est pas une feria entre nîmois !
Quelques aficionados brandissent en permanence l'étendard de la tradition, et penchent bien souvent du côté des conservateurs. Dans les années 60, ils se seraient opposés à la création de stations balnéaires qui sortaient alors du sable du Languedoc.
Parmi ces stations, la Grande-Motte et ses "fameuses" pyramides. Que n'a-t-on pas dit et écrit sur cette ville nouvelle née de l'imagination de l'architecte Jean Balladur à la demande de la mission Racine.
Pour les conservateurs, la Grande-Motte était un non-sens. Une machine à attirer les "parisiengs" et à casser les traditions.
Commune depuis 1974, la Grande-Motte et ses pyramides comptent aujourd'hui 8 200 habitants plus quelques dizaines de milliers en saison estivale. Dans cette étrange cité qui inspira un ouvrage qui décrocha le prix Renaudot dans les années 70, on ne joue pas trop la carte de la tradition : Pas de concours d'abrivado, pas de journée à l'ancienne. On joue carrément la carte soleil, sable chaud et jeux nautiques. Et pourtant, la Grande-Motte est une cité d'aficion. La preuve : ses résidents étaient parmi les plus nombreux dans les arènes de Nîmes aux dernières Vendanges. Plus nombreux que ceux d'Alès, Lunel, Palavas, St Martin de Crau, Istres ou encore Chateaurenard, villes de feria.
Il faut se méfier des apparences... et des discours des conservateurs.
La région du Languedoc-Roussillon comprend cinq départements. A la feria des Vendanges 2007.
361 communes du Languedoc-Roussillon avaient des représentant aficionados dans les arènes de Nîmes.
1er le Gard avec 192 communes.
2ème l'Hérault, 117 communes (Montpellier, Béziers, la Grande-Motte étaient les communes les plus représentées).
3ème l'Aude, 27 communes (Carcassonne et Narbonne en tête).
4ème les Pyrénées-Orientales, 14 communes (Perpignan et Céret en tête).
5ème, la Lozère avec 11 communes (Mende en premier).
Si l'on établit le classement par villes du Languedoc-Roussillon, Nîmes porte le maillot jaune devant Montpellier et Béziers.
La Grande-Motte apparait dans le Top 10 devançant largement, Lunel, Palavas, Alès.
117 communes du département de l'Hérault étaient représentées dans les arènes de Nîmes à la dernière feria des Vendanges.
Montpellier comptait le plus d'aficionados, devant Béziers, la Grande-Motte, Lunel et Mauguio.
74 communes du département des Bouches du Rhône étaient représentées dans les arènes à la Pentecôte 2007. A la feria des Vendanges, c'est encore mieux. Les aficionados venus du 13 arrivaient de 81 communes. Les plus nombreux venaient de Marseille. Suivent Arles, Aix en Provence, les Saintes Maries de la Mer et Tarascon (classement identique à celui de la Pentecôte). Sixième place pour Chateaurenard qui poussent St Rémy de Provence en septième position.
A noter que la petite cité de Pélissanne, aux portes de Salon, est davantage représentée sur les gradins des arènes de Nîmes que la commune de Fourques placée entre deux grandes villes taurines.
207 communes gardoises étaient représentées dans les arènes de Nîmes à la feria de Pentecôte. Aux Vendanges, feria plus courte (5 corridas au lieu de 9), des aficionados venus de 192 communes gardoises ont pris place sur les gradins du Colisée de Nîmes comme disent les espagnols.
Nîmes était la cité la plus représentée devant (dans l'ordre) Bouillargues, Aigues-Mortes, Vauvert, Caissargues, Vergèze, Marguerittes, Milhaud, Rodilhan et Sommières. Pas de surprise. On retrouve 8 cités déjà présentes dans le Top 10 de la Pentecôte. Y entrent Vergèze et Sommières qui prennent la place d'Alès et de Bellegarde qui occupent les 11ème et 12ème positions.
A noter que tous les cantons du département du Gard étaient représentés à la feria des Vendanges : La Grand-Combe, Le Vigan, Bessèges, Bagnols sur Cèze, St Jean du Gard, Quissac, Villeneuve les Avignon, Tresques, Uzès, etc...
Autre constatation : Beaucaire et St Gilles, deux cités qui proposent une feria étaient peu représentées. On les retrouve derrière Vézenobres et Villeneuve les Avignon.
Enfin, coup de chapeau aux aficionados de St Victor de Malcap, village de 500 habitants près de St Ambroix, davantage représentés aux Vendanges que ceux de Fourques et Aubais !
La corrida est universelle. Certes, sa pratique se limite à l'Espagne, au sud de la France, à quelques contrées portugaises et sur quelques terres de l'autre côté de l'Atlantique, mais son image, on le répète, est universelle. Voulez-vous des preuves ?
Les aficionados présents dans les arènes de Nîmes arrivaient de 3 continents et de 20 pays. Ce n'étaient pas des touristes venus visiter le Pont du Gard, c'étaient des aficionados.
Autre preuve de l'universalité de la corrida qui fera hurler les aficionados "puristes" qui lors des débats hivernaux vous expliquent (ou plutôt qui tentent de vous expliquer) que tel torero et telle arène sont dans le vrai, contrairement à d'autres qui sont dans le toc et les paillettes : les deux "piges" de Matias Tejela et Jose Maria Manzanares.
Le premier, qui sera aux côtés de Juan Bautista sur la plage des Saintes Maries de la Mer ce week-end, achève un tournage à Los Angeles pour un clip de Céline Dion.
Le deuxième se retrouve dans dix pages du magazine "Vogue International Homme", devant l'objectif du photographe allemand Peter Lindbergh. Photographies réalisées au mois de juillet à Madrid.
Quand deux toreros sortent de leur cadre habituel pour s'en aller collaborer avec des artistes et des revues de réputation et de diffusions internationales, c'est plutôt bon signe, n'en déplaise aux grincheux.
C'est le signe d'une reconnaissance.
Lu dans le quotidien "La Provence" (édition du dimanche 28 octobre) au lendemain de la défaite de l'Olympique de Marseille à Sochaux. "Les olympiens ont été soutenus par 801 supporters. Pour entrer au stade, ceux-ci ont été fouillés comme cela est de coutume en France. Une pratique parfois surprenante, surtout pour les filles puisque la palpation s'est révélée assez intime, pour le haut et le milieu du corps. Les stadiers ont également demandé aux supporters d'enlever leurs chaussures."
Les services de la Préfecture de police et les dirigeants espèrent ainsi, étouffer dans l'oeuf, tout risque de violence en saisissant éventuellement des objets dangereux (couteaux, barres de fer...) et en écartant ceux qui les portent.
Quand les rencontres sont placées à haut risque, c'est pire. Pour Paris Saint Germain - Nîmes Olympique en Coupe de France en janvier 2007, plus de 1 000 policiers et gendarmes formaient un cercle infranchissable autour du Parc des Princes.
Nous voilà loin, très loin, à des années lumières du public de corridas qui n'arrive pas aux arènes avec des objets dangereux, ni avec l'intention dans découdre avec les fans de tel ou tel torero.
Violents et barbares les amateurs de corridas ?
29 matadors de toros ont participé aux corridas des ferias de Nîmes 2007.
Trois comptent trois paseos (Sébastien Castella, Juan Bautista et El Juli).
Cinq en totalisent deux (Denis Loré, Daniel Luque, Javier Conde, Juan Jose Padilla et Rafaelillo).
Jesulin de Ubrique, Alejandro Talavante, Luis Francisco Espla, Domingo Lopez-Chaves, Enrique Ponce, Jose Maria Manzanares, Matias Tejela, El Fundi, Michel Lagravère, Morenito de Nîmes, Swan Soto, Marc Serrano, Julien Lescarret, Jonathan Veyrunes, Julien Miletto, Mehdi Savalli, Miguel Angel Perera, Joselito Adame, Cesar Jimenez, Jose Tomas et Sebastian Palomo Linares ont toréé une fois.
Côté novilleros, ils sont cinq. Alfonso Oliva Soto (2 paseos), El Santo, Camille Juan, Perez-Mota et Jose Ramon Garcia "Chechu".
Enfin, Nîmes a accueilli 4 rejoneadores, Pablo Hermoso de Mendoza, Marie-Sara, Leonardo Hernandez et Diego Ventura.
Enfin, le drapeau tricolore a souvent flotté au dessus des arènes de Nîmes : 14 toreros français ont occupé 19 postes !